Conclusions préliminaires :

De grands tremblements de terre sur les zones de fautes à glissement-latérale (séparation horizontale) comme celui de Port-au-Prince qui restent longtemps inactifs, ont tendance à déclencher d’autres, produisant ainsi des séquences d’événements destructeurs comme c’est bien documenté sur la panne Anatolie du Nord en Turquie. Il faut donc déduire que la rupture des segments de la faille à l’Est de Léogâne au Sud-Est de Port- au-Prince et à l’Ouest (sur la péninsule de Tiburon) est susceptible de produire d’autres tremblements de terre dans les décennies à venir.

(Voir article détaillé en bas.)

 

Tremblement de Terre 12 janvier 2010 

Source : Tectonics Lab. – Institut de Physique du Globe de Paris (IPGP)

Évaluation préliminaire du tremblement d’Haïti du 12 janvier 2010,

(25 janvier 2010)

Conclusions Préliminaires :      

Le tremblement de terre du 12 janvier 2010 a rompu un segment de la faute Enriquillo gauche-latéral, une faute qui compterait pour une fraction importante (~7mm/yr [2]) du mouvement entre les plaques des Caraïbes et Nord-américaine. À l’Ouest d’Haïti la faute Enriquillo se prolonge dans la mer vers la Jamaïque où elle devient la faute du Jardin de la Banane Plantain. La faute de Enriquillo, qui s’étend sur environ 300 km sur l’île d’Hispaniola Sud, était déjà identifiée comme une source potentielle de tremblements de terre M > 7 [2].

Avant l’événement 2010, cette anomalie n’avait pas produit des séismes importants depuis au moins deux siècles. Au moins un événement (3 juin 1770) de la séquence qui a secoué le Sud d’Hispaniola au XVIIIe siècle, probablement s’est produite sur la faute Enriquillo, avec des effets signalés ressemblant à celles de l’événement de 2010. Seulement un segment relativement court de la faute (~ 30 km, éventuellement 50 km, figure 2) semble avoir été activée par l’événement le 12 janvier.

Figure 4 : Tentative d'interprétation de l'interferogram Alos

De grands tremblements de terre sur les zones de fautes à glissement-latérale (séparation horizontale) qui restent longtemps inactifs, ont tendance à déclencher d’autres, produisant ainsi des séquences d’événements destructeurs comme c’est bien documenté sur la panne Anatolie du Nord en Turquie. Nous avons donc déduit que la rupture des segments à l’Est de la source du tremblement de terre du 12 janvier (c’.-à-d. immédiatement au Sud-Est de Port- au-Prince) et à l’Ouest (sur la péninsule de Tiburon) est susceptible de se produire dans les décennies à venir. À la date que nous écrivons (25 janvier), une preuve concluante pour déterminer la longueur exacte du segment de rupture, l’emplacement des sauts de surfaces (le cas échéant) et le montant du bon coseismic à la surface, fait défaut.

Toutefois, les premiers résultats InSAR peuvent contribuer à définir l’extrémité ouest de la rupture, qui apparemment s’est arrêté dans la région Est de l’extraction-séparation du lac Miragoâne. Le manque de preuves de rupture de surface co-sismique claire et de décalages mesurables le long de la faute, dans les images haute résolution disponibles prises après le tremblement de terre, suggère que le déplacement du sol en surface a été inférieur à 0.5 – 1mètre ou est distribué sur une grande zone. La détermination de nouvelles limitations du champ de déformation (en particulier InSAR interferograms couvrant la partie orientale de la rupture et des mesures GPS), des images de résolution supérieure (photographies aériennes, topographie acquis avec le Lidar, par exemple) et une enquête de terrain sont évidemment nécessaires.

Enfin, l’absence d’études géomorphiques et de creusage de tranchées paléo-séismologiques le long de la faute Enriquillo, implique que son taux moyen (de déplacement) n’est pas connu à l’échelle de temps géologique, ni son histoire sismique n’est établie avec précision.

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